
Croissance — 7 min de lecture
Croître comme le Palmier, Porter du Fruit dans la Vieillesse
25 août 2026
« Les justes croissent comme le palmier, Ils s'élèvent comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de l'Éternel, Ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu; Ils portent encore des fruits dans la vieillesse, Ils sont pleins de sève et verdoyants, »
Il court une idée fausse sur la vie de foi : celle d’une flambée. On imagine la ferveur comme un feu de jeunesse, éclatant aux premières années de la conversion, puis vouée à décliner avec l’âge, à mesure que l’élan retombe et que la routine s’installe. Beaucoup de croyants plus âgés le croient d’eux-mêmes, et se résignent à n’être plus que l’ombre de leurs débuts. Le Psaume 92 vient briser cette résignation avec une image lumineuse, celle d’une croissance qui dure et qui fructifie jusqu’au bout.
Écoutez la promesse. Les justes croissent comme le palmier, Ils s'élèvent comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de l'Éternel, Ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu; Ils portent encore des fruits dans la vieillesse, Ils sont pleins de sève et verdoyants,(Psaume 92:13-15)
Deux arbres sont convoqués, le palmier et le cèdre du Liban. Le premier pousse droit dans la chaleur du désert, souple et tenace là où presque rien ne survit ; le second se dresse robuste sur la montagne, symbole de force et de longévité. Deux images d’une même vérité : le juste ne se dessèche pas avec le temps, il grandit, il s’élève, il tient.
Le secret de cette endurance tient en un mot : plantés. Le verbe hébreu ne décrit pas une plante en pot qu’on déplace au gré des saisons, mais une plantation intentionnelle et durable, enracinée pour longtemps. Et le lieu de cette plantation est précisé : dans la maison de l’Éternel, dans les parvis de notre Dieu. L’arbre qui dure est celui qui a plongé ses racines près de la source, dans la proximité constante de Dieu, et non celui qui vit de sa sève des premiers jours.
Vient alors la parole qui renverse nos attentes : ils portent encore des fruits dans la vieillesse, pleins de sève et verdoyants. Non pas encore un peu de fruit, par reste d’une vigueur passée, mais des fruits nouveaux, à l’âge où l’on croirait la saison finie. La maturité chrétienne ne connaît pas d’automne obligé. Elle peut réserver ses plus belles fructifications pour la fin, quand l’arbre, longtemps enraciné, donne enfin ce que des années de proximité avec Dieu ont patiemment mûri.
Encore faut-il ne pas se tromper sur l’origine de cette sève. Un arbre ne fabrique pas sa propre vie ; il la tire du sol et de l’eau où il est planté. Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu'il fait lui réussit.(Psaume 1:3)
L’homme heureux est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, dont le feuillage ne se flétrit point. La verdeur ne vient pas de l’arbre, mais de la source à laquelle il puise sans cesse. Notre fécondité, de même, ne monte pas de nos ressources, mais de la grâce à laquelle nous restons attachés.
Cela délivre de deux illusions à la fois. Le jeune converti apprend qu’il n’a pas à vivre éternellement sur l’émotion des débuts, laquelle passera : il doit s’enraciner. Et le croyant vieillissant apprend qu’il n’est pas condamné au dessèchement : sa meilleure saison peut être devant lui, non derrière. Ce qui compte, à tout âge, n’est pas la vigueur ressentie du moment, mais la profondeur des racines plongées dans la maison de Dieu.
Alors, quel que soit l’âge de votre foi, posez-vous cette semaine une question d’enracinement plutôt que d’émotion. Non pas : est-ce que je ressens encore la ferveur de mes débuts ? Mais : mes racines plongent-elles toujours dans la source ? Concrètement, tenez un rendez-vous régulier avec la Parole, ne délaissez pas l’assemblée où l’on est planté ensemble, restez près de Dieu par la prière ordinaire des jours. Et réjouissez-vous de cette promesse contre toute apparence : pour qui demeure planté près de la source, les fruits les plus mûrs peuvent encore être à venir.
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