L'Esprit Éditorial

Méditation

Méditer les Psaumes : une Retraite Silencieuse

9 janvier 20245 min de lecture
Eau ondulant doucement et reflétant la pâle lumière du matin, tons bleus ardoise et sable
Eau ondulant doucement et reflétant la pâle lumière du matin, tons bleus ardoise et sable

« Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, Et qui la médite jour et nuit! »

Psaumes 1:2

Les psaumes forment le plus ancien livre de prières encore prié tous les jours. Trois mille ans après leur composition, des millions de voix les murmurent chaque matin, et Jésus lui-même les a faits siens jusque sur la croix. D'où vient leur force ? Ils ne décrivent pas la vie avec Dieu, ils la disent de l'intérieur. Joie, détresse, colère, émerveillement, abandon : toute la gamme humaine y trouve des mots que le Saint-Esprit a inspirés pour les mettre dans notre bouche.

Méditer un psaume, ce n'est pas l'analyser, et ce n'est pas non plus faire le vide. L'hébreu du Psaume 1 emploie le verbe hagah, le murmure de celui qui se redit le texte à mi-voix pour le ruminer : la méditation biblique ne vide pas l'esprit, elle le remplit de la Parole. Le mouvement est simple. On lit le texte une première fois pour l'entendre, une deuxième fois pour s'arrêter sur le mot qui accroche, une troisième fois pour laisser ce fragment descendre de la tête vers le cœur. Puis on se tait, et l'on répond à Dieu avec les mots qu'il vient de nous donner.

Quinze minutes suffisent. Choisissez une heure fixe, l'aube s'y prête bien, et un psaume court pour débuter : le 23 pour la confiance, le 131 pour l'humilité, le 4 pour le soir. Ne cherchez pas à avancer vite. Un seul verset habité pour de bon nourrit plus qu'un psautier parcouru des yeux.

Au fil des semaines, quelque chose d'étrange se met en place : les mots du psaume remontent seuls dans la journée, comme une nappe d'eau affleure en source. Dans l'embouteillage, L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.(Psaumes 23:1) ; dans l'insomnie inquiète, Je me couche et je m'endors en paix, Car toi seul, ô Éternel! tu me donnes la sécurité dans ma demeure.(Psaumes 4:9). Le texte médité devient un compagnon du dedans.

Cette retraite silencieuse ne réclame ni monastère ni congé : une chaise, une Bible ouverte, un peu de fidélité. Le reste ne dépend pas de la beauté des vers. Il vient de Dieu, qui parle dans ces pages et promet que l'homme dont le plaisir est dans sa loi Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu'il fait lui réussit.(Psaumes 1:3).