
Théologie
Tselem : l'Homme à l'Image de Dieu
26 juillet 2026
« Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. »
Dès la première page de la Bible, un mot hébreu porte une dignité que rien d'autre dans la création ne reçoit : tselem, image. Le terme désignait aussi la statue qu'un roi de l'Orient ancien faisait dresser dans les provinces lointaines de son empire, pour signifier que là aussi il régnait, que là aussi il était présent. Faire une image du roi, c'était planter un signe de sa royauté. Or l'Écriture applique ce mot à l'homme. Nous ne sommes pas des accidents de la matière ni des animaux un peu plus habiles ; nous sommes posés dans le monde comme le signe visible d'un Dieu invisible. Chaque être humain porte, gravée en lui, la marque de son Créateur.
Le texte prend soin de le répéter, comme pour qu'on ne l'oublie pas : Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.(Genèse 1:27)
Trois fois en un verset revient l'idée d'image, et aussitôt une précision capitale : « il créa l'homme et la femme ». La dignité d'image n'est pas réservée à l'un des deux ; l'homme et la femme la portent également, ensemble. Voilà qui fonde, dès l'origine, l'égale valeur de tout être humain devant Dieu, sans distinction d'origine, de force ou d'utilité. Le récit ajoute une vocation : Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.(Genèse 1:26)
L'image est faite pour représenter, pour prendre soin de la création au nom de Celui dont elle est le reflet.
Cette vérité a des conséquences que nous mesurons mal. Si tout homme est image de Dieu, alors nul n'est jamais négligeable. Le vieillard qui ne produit plus, l'enfant à naître, l'étranger que je ne comprends pas, le malade qui dépend de tout, l'ennemi même : chacun porte cette marque royale. C'est pourquoi l'Écriture attache un tel prix à la vie humaine. Après le déluge, Dieu fonde le respect du sang versé précisément là-dessus : Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme à son image.(Genèse 9:6)
On ne touche pas impunément à une image de Dieu. Notre respect du prochain n'est donc pas une politesse sociale ; il s'enracine dans ce que l'autre est aux yeux de son Créateur.
Jacques en tire une application qui nous atteint au vif, dans nos paroles : Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu.(Jacques 3:9)
Quelle incohérence, remarque-t-il, de bénir Dieu et de maudire, dans le même souffle, les hommes faits à son image. Nos mépris, nos moqueries, nos jugements écrasants ne blessent pas seulement une personne ; ils s'en prennent à un porteur de l'image divine. Prendre au sérieux le tselem change la manière de parler des autres, y compris de ceux qui nous exaspèrent. On ne peut pas honorer le modèle et cracher sur le portrait.
Mais il faut être honnête sur ce qu'a fait le péché. L'image n'a pas été effacée, elle a été défigurée, comme une pièce de monnaie où l'effigie du roi reste reconnaissable mais usée, tordue, souillée. Nous restons image de Dieu, et c'est pourquoi subsiste en l'homme, même déchu, tant de grandeur ; mais nous sommes une image brisée, qui ne reflète plus fidèlement Celui qu'elle devrait montrer. De là notre drame : faits pour rayonner Dieu, nous rayonnons trop souvent nous-mêmes, notre orgueil, notre violence. La dignité demeure ; la fidélité du reflet est perdue.
Voilà pourquoi il faut lever les yeux vers un autre. Le Nouveau Testament donne à un seul le titre plein d'image de Dieu : Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création.(Colossiens 1:15)
Christ n'est pas une image parmi d'autres, il est l'image parfaite, le Fils qui reflète le Père sans la moindre ombre. Et le dessein de la grâce est là : nous rendre semblables à lui, restaurer en nous l'image ternie. Paul l'écrit : et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé.(Colossiens 3:10)
Le salut n'est pas seulement un pardon juridique ; c'est la remise en état du portrait, la restauration progressive de ce que nous étions faits pour être. Nous redevenons image en regardant l'Image.
Cette semaine, laisse cette vérité travailler à deux endroits. D'abord dans ton regard sur les autres : arrête-toi devant une personne que tu as tendance à mépriser ou à négliger, et rappelle-toi qu'elle porte l'image de Dieu, à honorer et non à écraser. Ensuite dans ton regard sur toi-même : si tu te crois sans valeur, souviens-toi que tu n'es pas un rebut du hasard, mais une image du Roi, abîmée peut-être, jamais effacée, et que Christ travaille à la restaurer. Contemple-le, car on devient semblable à ce qu'on regarde longuement.
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