L'Esprit Éditorial
Photographie abstraite et minimaliste d'un épi de blé sec aux tons dorés sur fond crème

Croissance7 min de lecture

L’Assurance du Salut : Reposer sur la Promesse, non sur le Ressenti

26 juin 2024

Photographie abstraite et minimaliste d'un épi de blé sec aux tons dorés sur fond crème

« Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. »

1 Jean 5:13

Il y a des matins où l’on se lève sûr d’être aimé de Dieu, et d’autres où le doute serre la gorge. Suis-je vraiment sauvé ? Beaucoup de croyants sincères vivent sur ces montagnes russes. Ils mesurent leur salut à la température de leur ferveur du jour. Un culte qui a bouleversé le cœur, et l’on se croit inébranlable. Une semaine sèche, une chute, une prière distraite, et voilà qu’on se demande si l’on n’a pas tout perdu. On prend parfois cette instabilité pour un signe de foi. Elle trahit plutôt une erreur de fondation. Nous avons posé notre assurance sur le sable mouvant de nos émotions, au lieu du roc de la promesse de Dieu. Ce que Dieu bâtit ne tient pas sur nos humeurs. Il tient sur sa parole.

Le problème du ressenti, c’est qu’il ment dans les deux sens. Il peut nous gonfler d’une confiance factice qui n’a rien à voir avec Christ. Il peut aussi nous effondrer un jour de fatigue, alors que rien n’a changé dans notre relation avec Dieu. Notre sommeil, notre tempérament, nos soucis pèsent sur nos émotions plus que nous ne l’imaginons. Un même verset nous bouleverse un soir et nous laisse froids le lendemain. Fonder son salut là-dessus, c’est confier ce qu’on a de plus précieux au plus instable de nos instruments. La Parole nous appelle ailleurs. Nos sentiments ont leur place, personne ne le nie. Mais ils ne sont pas juges de ce que Dieu, lui, a déclaré vrai une fois pour toutes.

Écoutez la raison même pour laquelle l’apôtre Jean écrit sa lettre : Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.(1 Jean 5:13) Le but affiché de l’Écriture n’est pas de nous laisser dans le brouillard, ni d’entretenir un doute qu’on croirait pieux. Il est de nous donner de savoir. Et regardez le socle de ce savoir. L’intensité de notre expérience n’y entre pour rien. Il repose sur un fait qui nous reste extérieur : le nom, autrement dit la personne et l’œuvre du Fils de Dieu. L’assurance ne se fabrique pas en descendant en soi pour y traquer des preuves de foi. Elle se reçoit en levant les yeux vers Christ, vers qui la Parole nous renvoie sans se lasser.

Le Nouveau Testament a un mot pour cette certitude tranquille : le grec plèrophoria, qu’on traduit par « pleine assurance ». Le terme évoque une plénitude, une pleine mesure. Une conviction remplie jusqu’au bord, et non une humeur passagère ou un tempérament optimiste. Cette plénitude, personne ne la possède de naissance. Elle est un don, ancré dans une déclaration de Dieu et non dans nos aptitudes. Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.(Éphésiens 2:8-9) écrit Paul aux Éphésiens. Du jour où mon salut dépendrait de mon faire ou de mon ressentir, ce ne serait plus la grâce, mais un salaire que je croirais mériter.

Voilà pourquoi l’assurance chrétienne tient si bien : elle repose sur une œuvre déjà achevée. À la croix, Christ a tout accompli, une fois pour toutes. On n’ajoute rien à ce qui est fini, et surtout pas nos ferveurs du jour. Mon assurance ne monte donc pas quand je prie mieux, elle ne descend pas quand je faiblis, puisqu’elle n’a jamais reposé sur ma performance mais sur son sacrifice. Le regarder, lui, au lieu de scruter sans fin la qualité de ma foi, change tout dans la manière d’aborder mes journées. Ma prise sur Christ ne me sauve pas ; c’est sa prise sur moi qui tient. Et sa main ne tremble pas les jours de fatigue. Elle ne se relâche pas quand la mienne se dénoue.

Cela ne rend ni présomptueux ni paresseux. L’assurance vraie ne dit jamais « je peux vivre comme je veux ». Elle produit plutôt une gratitude qui pousse à la sainteté, par amour pour Celui qui l’a donné gratuitement, et non par crainte de le perdre. Elle ne nie pas non plus les combats de la foi. Il y aura des saisons arides, où l’on ne ressent rien, où la prière semble rebondir sur un ciel muet. Dans ces nuits-là, la promesse tient justement parce qu’elle ne dépend pas de la nuit. On peut alors prier à découvert : « Seigneur, je ne ressens rien, mais je te crois sur parole. » C’est déjà de la foi. Peut-être même la plus pure qui soit, car elle s’appuie sur lui seul.

Cette semaine, tentez un exercice simple et tenace. Quand le doute reviendra frapper, ne partez pas en chasse d’une émotion pour vous rassurer ; elle vous fuira au pire moment. Ouvrez plutôt votre Bible et posez le doigt sur une promesse. Relisez 1 Jean 5:13 à voix basse, lentement, jusqu’à ce que le savoir de Dieu recouvre peu à peu le vacarme de vos sentiments contraires. Vous découvrirez, jour après jour, que le sol le plus ferme n’est pas au-dedans de vous, dans vos réserves de conviction. Il est au-dehors, dans un Sauveur vivant qui a promis et ne se dédit pas. Reposez-vous là, comme un enfant sur les genoux de son père. Non sur la vague de vos ressentis, mais sur le nom du Fils de Dieu.