L'Esprit Éditorial
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Croissance — 8 min de lecture

Grandir jusqu’à la Stature de Christ

2 octobre 2026

« jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, »

Éphésiens 4:13

Nous pensons volontiers la maturité comme une affaire personnelle : mon progrès, ma sanctification, ma croissance, comme si chacun grandissait seul dans son coin. Il est frappant de voir combien Paul, lui, en parle au pluriel. Quand il décrit la maturité chrétienne aux Éphésiens, il ne dit pas jusqu’à ce que tu sois parvenu, mais jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus. La croissance qu’il vise est celle d’un corps entier, où l’on ne mûrit pas les uns sans les autres, mais ensemble.

Voici la cible qu’il assigne à cette croissance commune. jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,(Éphésiens 4:13) Remarquez qu’elle n’a rien de vague. On ne grandit pas vers un idéal flou de bonté ou de spiritualité, mais vers une mesure précise : la stature parfaite de Christ. La maturité n’est pas de devenir une meilleure personne en général ; c’est de ressembler de plus en plus à quelqu’un, le Fils de Dieu, jusqu’à atteindre sa taille.

L’expression traduite par l’état d’homme fait mérite qu’on s’y attarde. Le mot grec, teleios, ne signifie pas d’abord parfait au sens de sans défaut, mais achevé, arrivé à son but, parvenu à l’âge adulte. Paul l’oppose juste après à l’enfance. Grandir, pour lui, c’est passer de l’enfant à l’adulte, non au sens d’une innocence perdue, mais au sens d’une stabilité gagnée. L’homme fait est celui qui a atteint le terme de sa croissance, celui pour lequel il a été fait.

Et quel est le signe de l’enfance spirituelle qu’il faut quitter ? Paul le dit aussitôt : ne plus être des enfants flottants, emportés à tout vent de doctrine. La marque de l’immaturité, c’est l’instabilité : se laisser porter par la dernière voix entendue, changer d’avis au gré des modes, s’enthousiasmer puis se décourager, être ballotté comme une barque sans quille. L’adulte dans la foi, lui, tient bon ; il a acquis un lest qui l’empêche de chavirer au premier coup de vent.

Mais gardons-nous d’un contresens. Cette stabilité n’est pas une rigidité, ni une manière de s’enfermer dans ses certitudes en méprisant les autres. Car Paul indique le moyen de la croissance, et ce moyen est tout d’amour. mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.(Éphésiens 4:15) C’est en professant la vérité dans la charité que nous croissons en Christ. La maturité tient ensemble deux choses que nous séparons trop souvent : la fermeté dans la vérité et la douceur dans l’amour. Un croyant ferme mais dur n’est pas mûr ; un croyant aimable mais sans épine dorsale ne l’est pas davantage.

Et cette croissance, remarquez-le, nous vient d’en haut, de la Tête vers les membres. Nous croissons en celui qui est le chef, Christ. Ce n’est pas le corps qui se hisse lui-même par ses efforts jusqu’à la stature parfaite ; c’est la Tête qui communique sa vie à chaque membre et fait grandir l’ensemble. Là encore, la grâce précède et porte tout : nous ne fabriquons pas notre maturité collective, nous la recevons de Christ, à mesure qu’il nous unit à lui et les uns aux autres.

Puisque la maturité se cultive ensemble, ne cherchez pas à grandir seul cette semaine. Ancrez-vous davantage dans votre communauté, ce corps où l’on est repris, encouragé, édifié par d’autres, et où l’on porte à son tour la croissance des frères. Fuyez l’illusion d’une foi solitaire qui n’aurait de comptes à rendre à personne : c’est le terrain des enfants ballottés. Et gardez les yeux sur la seule mesure qui vaille. Ne vous comparez pas à tel modèle humain, plus avancé ou plus admiré ; visez Christ, sa stature à lui, et laissez la Tête faire grandir tout le corps jusqu’à ce qu’il lui ressemble.